La commission des affaires étrangères et de la défense a annulé ce mercredi une grande partie des crédits alloués au drone franco-israélien de Dassault. Les sénateurs estiment que le gouvernement a fait un choix financièrement désavantageux et militairement contestable.
Cette fois, la guerre des drones est déclarée. La commission des affaires étrangères et de la défense du Sénat a donné ce matin un coup de pied dans la fourmilière militaro-industrielle en annulant une grande partie des crédits alloués au futur drone MALE (moyenne altitude longue endurance) de l’armée de l’air, pour lequel Dassault Aviation et l’industriel israélien IAI sont en négociations exclusives avec le ministère de la Défense.
Concrètement, la commission a fait passer les crédits alloués à ce programme, un drone israélien Heron TP "francisé" par Dassault, de 318 millions d’euros à 209 millions d’euros sur le projet de loi de finances 2012. Ce qui rend ainsi mathématiquement impossible l’achat de drones Heron TP, en attendant le vote de l’Assemblée nationale et l’éventuelle commission mixte paritaire.
Pourquoi cette coupe de 109 millions d’euros ? Le message des sénateurs est clair : cette somme représente la différence entre l’offre Heron TP du tandem Dassault-IAI (estimée à 318 millions d’euros), retenue par Gérard Longuet, et l’offre, largement inférieure, de drones Reaper de l’industriel américain General Atomics (estimée à 209 millions d’euros), que le ministère de la défense avait refusé d’étudier, malgré le soutien de l’état-major de l’armée de l’air et des troupes en Afghanistan.
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